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Sujet : Admettre l'existence de l'inconscient est-ce rendre vain tout effort de lucidité a l'égard d'autrui ?

Extrait du corrigé : [...] Nous réservons le nom d'inconscients aux faits psychiques refoulés. » Freud, Essais de psychanalyse, 1923.Ces faits psychiques refoulés sont en effet soumis à une censure qui évacue hors de la conscience (qui « refoule ») les désirs jugés incompatibles avec les exigences morales du sujet. « L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. » Freud, L'Interprétation des rêves, 1899. « Longtemps on a considéré la pensée consciente comme la pensée par excellence : maintenant seulement nous commençons à entrevoir la vérité, c'est-à-dire que la plus grande partie de notre activité intellectuelle s'effectue d'une façon inconsciente. » Nietzsche, Le Gai Savoir, 1883. « Il faut éviter [...] de croire que l'inconscient est un autre Moi ; un Moi qui a ses préjugés, ses passions et ses ruses; une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller.

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Définitions

  • admettre : Accepter, donner son assentiment, reconnaître.
  • existence : Par opposition à néant: le fait d'être ou d'exister. Par opposition à essence: mode d'être de l'homme, en tant qu'il ne se laisse enfermer dans aucune essence ou nature déterminée.
  • inconscient : Ce terme désigne l'ensemble des processus psychiques qui échappent à la conscience.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Problématique

 

On oppose communément le conscient et l’inconscient. Le conscient serait ce dont nous avons connaissance, ce à quoi notre prêtons attention, tandis que l’inconscient serait le domaine ce qui nous échappe comme une force ou un déterminisme venant des profondeurs de notre être ou de notre vie psychique. L’inconscient serait donc presque de l’inconnu. En ce sens, il semble qu’il y ait manifestement un conflit entre l’inconscient et tout effort de lucidité à l’égard de soi-même dans la mesure où la lucidité relèverait du domaine de la conscience. Pourtant ne serait pas aller trop vite en besogne ? En effet, au sens précis du terme, l’inconscient désigne pour la psychanalyse le psychisme refoulé. Dès lors, il semble qu’une opposition frontale entre conscience et inconscient soit quelque peu trop naïve. Mais plus simplement ne pourrait-on pas dire que l’inconscient est justement une prise de conscience des causes qui nous déterminent, c’est-à-dire qu’il y ait des faits psychiques aperçus de nous mais qui ne peuvent pas être expliqués par la conscience ? En ce sens, l’inconscient serait donc bien cette hypothèse produit justement par cet effort de lucidité envers soi-même. Cette hypothèse viendrait de la genèse de cet effort de lucidité. Et c’est en ce sens que se pose la question : « admettre l’existence de l’inconscient est-ce rendre vain tout effort de lucidité à l’égard de soi-même ? ».

            Ainsi, s’il est possible de faire le procès de l’inconscient au nom justement de cet effort de lucidité à l’égard de soi-même (1ère partie), il faudra se demander s’il ne s’agit pas là d’un procès d’intention relevant d’une méconnaissance de ce qu’est l’inconscient. Développant un point de vue positif sur l’inconscient il nous sera peut-être possible de lever la contradiction entre inconscient et lucidité (2nd partie) et ainsi observer sa valeur opératoire et sa fécondité cognitive notamment en rapport à cette exigence de lucidité envers toi ou plus simplement à l’impératif socratique du « connais-toi toi-même ! » (3ème partie).



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